Une conférence de Jean Terensier n’est pas exactement présentée d’une manière habituelle, c’est-à-dire avec un orateur assis devant un micro et qui lit un texte concocté à l’avance avec plus ou moins de bonheur, d’une voix plus ou moins monocorde, en levant les yeux par instant sur les spectateurs. (Nous devrions écrire : sur les auditeurs).

Une conférence de Jean Terensier n’est pas non plus un one-man show joué par un comédien, qui se promène sur scène de long en large tenant un discours généralement comique.C’est un peu des deux. Jean Terensier interprète un texte, laissant une large part à l’improvisation, tissant la vie d’un écrivain avec, à l’appui, de larges extraits de ses oeuvres.
A aucun moment, JeanTerensier n’essaie d’influencer l’assistance en vantant les qualités de l’auteur ou en laissant dans l’ombre ses défauts. L’auteur en question est mis à nu avec sa faiblesse et sa force artistique.Paul Verlaine n’était exempt ni de l’une ni de l’autre : Il a été responsable de son existence tourmentée, l’Ami Rimbaud n’intervenant que dans une période finalement assez courte, le déclencheur d’une création latente qui devait révéler les plus beaux poèmes, ceux vécus dans une passion commune.

Tout au long de cette « conférence » des intervenants comédiens diront des oeuvres des deux poètes. Verlaine : « Colloque sentimental», « Chanson d’automne », « Le ciel est par-dessus le toit », « je fais souvent ce rêve… » « Ecoutez la chanson bien douce… ». Rimbaud : «Le bateau ivre », « le dormeur du val », etc.